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dimanche 1 décembre 2013

Petites méchancetés pour se détendre : Mots choisis

La prétention. Ce défaut pratique faisant croire aux ignorants qu’ils sont des savants, et aux imbéciles qu’ils sont très intelligents, voire des génies ou des visionnaires.
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C’est bien plus la susceptibilité que la sensibilité que l’on froisse chez les gens.
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Il faut traverser la vie comme on traverse une route à grande circulation.
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Ce qui est intéressant, c’est de se dire que pour avoir une vision plus claire du monde, il faut le noircir.
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Voici la question qu’un jour un homme m’a très sérieusement posée :
« Toi tu t’y connais en camion toi ? Parce que j’ai envie d’acheter une moto. »
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Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, le féminin de "misogyne", c’est "féministe".
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Les gens confondent : dire la simple vérité, et être méchant ; ou, comme ils disent : ne pas être gentil. En réalité, on constate que c’est ce qui ne flatte pas la vanité qui est considèré comme méchant, et ce qui la flatte, évidemment, est considéré comme la chose la plus normale du monde.
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Le mètre étalon sert de modèle de mesure ; le kilogramme étalon sert de modèle de poids ; ils jouent tous deux le rôle de référence. Lorsque je regarde autour de moi, je me dis que le modèle de référence pour fabriquer des êtres humains est incontestablement l’imbécile.
Il arrive pourtant qu’il y ait des erreurs de fabrication, et qu’on obtienne des gens intelligents et lucides qui ne se prennent pas pour ce qu’ils ne sont pas ; évidemment ! rien n’est parfait ; mais ce genre d’accidents est rare, car la chaîne de production est tout de même bien surveillée.
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On ne devrait pas écrire le mot bobo – contraction de bourgeois-bohème : b, o, b, o, mais : b, e, a, u, b, o, car les beaubos, en réalité, bien plus que des bourgeois-bohème, sont des  beaufs-bourgeois.
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Regarder un nouveau-né, et lancer à la mère : « Et dire que dans 80 ans c’est mort ça ! Si tout va bien… »
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Si les écologistes que l’on voit à la télévision respectaient vraiment la nature, ils se porteraient eux-mêmes dans une déchèterie.
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Certains croient, en ayant des diplômes, avoir acheté de l’intelligence. D’autres, sans en avoir, parlent comme si ils les avaient tous.
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Le cercle des maladies responsables des épidémies les plus dévastatrices, comptant parmi ses membres le typhus, le célèbre choléra, et l’inoubliable peste, est fier de vous annoncer avoir accepté un prestigieux nouveau membre : la coolitude, acclamée debout par les autres sociétaires puisqu’elle aura été l’une des maladies les plus vicieuses, mais surtout, celle qui aura de loin provoqué le plus de ravages.
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Fréquenter des pauvres, ça fait bien uniquement lorsqu’on est riche et célèbre. Et encore ! Au lieu de dire "fréquenter", je devrais dire : donner de l’argent aux pauvres devant des caméras ; ou, plus exactement : dire devant des caméras qu’il faut donner de l’argent aux pauvres et aux démunis.
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À ceux qui disent : « Nous sommes tous égaux », j’ai automatiquement envie de dire : « Oui, nous sommes tous ego. »
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Si ce monde était un véhicule soumis à l’examen d’un expert, il est évident que ce dernier relèverait une quantité invraisemblable de défauts de fabrication, constaterait qu’aucune norme n’a été respectée, que l’entretien a été mal fait, et que les contrôles techniques n’ont jamais été effectués.
Je ne sais plus qui a dit, considérant le monde : Si Dieu existe, j’espère qu’il a une bonne excuse. À ce niveau-là, il faut également lui souhaiter d’avoir une bonne assurance.
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Les sportifs : Un corps sain autour d’un esprit. Enfin !… d’un esprit… Un corps sain ! Et encore ! Un corps sain ; il faut voir ce qu’ils mangent. Un corps musclé, à la rigueur.
Les sportifs donc : Un corps musclé autour :
a) D’un pot de fromage blanc.
b) D’une poire.
c) D’un verre d’eau.
Tout le monde peut gagner à ce jeu car les trois réponses sont bonnes.
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Les gens croient, parce qu’ils disent des choses "biens", dire des choses intelligentes.
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J’ai toujours été sous-estimé par des gens qui, vu ce qu’ils étaient, auraient mieux fait de me surestimer.
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Le mensonge est toujours mieux habillé que la vérité.
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Perdre une illusion, c’est gagner une lucidité.
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Lorsque l’on connaît le monde, l’inconnu devient familier.
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Une personne honnête et lucide finit par comprendre que les rêveurs sont en réalité ceux qui nous mènent vers le cauchemar.
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Lorsque j’écris, j’ai souvent l’impression de vouloir fabriquer un bélier pour enfoncer des portes, ouvertes ou fermées, peu importe.
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La nuit, c’est à condition d’être endormi que l’on peut rêver. Le jour, c’est l’inverse, on incite les gens à rêver pour mieux les endormir. Il y a toutefois une similitude. La nuit, lorsqu’on rêve, on ne sait pas que l’on rêve, et le jour, les personnes endormies ne savent pas qu’elles dorment. Mais il y a une autre similitude. Dans le premier cas, il faut se réveiller pour savoir que l’on rêvait, et dans le second, il faut également se réveiller pour savoir que l’on dormait. Le problème est que, si se réveiller, cela arrive tous les jours dans le premier cas, dans le second, cela arrive beaucoup plus rarement, c’est le moins qu’on puisse dire.
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Les idiots et les ignorants n’ont jamais tant prétendu savoir qu’aujourd’hui. Inutile que Jésus revienne ; tout le monde semble guéri. Les sourds disent qu’ils entendent, les aveugles disent qu’ils voient ; un vrai miracle !
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Autour de moi, je ne vois que du plomb se prenant pour de l’or.
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Je crois, comme l’affirment certaines personnes, que l’on peut être possédé par un ou plusieurs esprits, car j’ai parfois été tellement idiot dans la vie qu’il me paraît impossible que l’on n’ait pas été plusieurs pour l’être à ce point.
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Un jour que je plaisantais avec un ami d’enfance, sa femme, d’un air sincèrement navré, nous a dit : « Vous êtes vraiment cons ! » Je l’ai regardée et lui ai répondu : « Oui ; c’est vrai ; mais nous on le sait… » Je ne suis pas sûr qu’elle ait compris où je voulais en venir.
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Il est important de savoir donner dans la vie, de savoir partager. C’est pourquoi j’ai voulu m’engager en décidant de vivre avec la personne que j’aime : moi.
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Le bruit du train rend silencieux les paysages.
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On voit mieux de près, mais on comprend mieux de loin.
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Le déclin, surtout dans les premiers temps, doit toujours avoir l’aspect du progrès, afin que les foules qui se fient aux apparences ne s’y opposent pas.
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Nous oublions bien notre naissance, pourquoi donc se souvenir de notre mort ?
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Rien n’est plus mal vu que ce qui est le plus évident et que tout le monde sait sans l’accepter.
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On ne vit pas pour vivre, mais pour ne pas mourir.
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Dire que nous sommes en démocratie est inexact. En réalité, nous sommes en médiocratie ; l’une des pires et des plus insupportables dictatures qui soient.
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La France, cinquième impuissance mondiale.
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Discuter avec un idiot de mauvaise foi équivaut à être avec quelqu’un sur un tandem, et être seul à pédaler. C’est fatiguant, épuisant, et au bout de quelques côtes, cela devient insupportable.
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Il n’y a plus que ça : du football, des sportifs, et encore du football. Une école de la vie comme ils disent. École du fric plutôt ! et de la manipulation mentale ! École de la vie… Comme si on cherchait à nous apprendre quoi que ce soit. Il faut être idiot, ou très naïf, pour avaler un tel boniment, alors que ce déferlement de ballons et de crampons n’est rien d’autre qu’une grande entreprise d’abrutissement général. Tout ce qui ne fait pas appel à l’intelligence et à l’esprit, voilà ce que l’on nous sert systématiquement en exemple. Face à ça, vive l’école du mépris ! Plus ils cherchent à nous entraîner vers le bas, et plus il faut les mépriser.
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Le socialisme, c’est la flatterie des médiocrités.
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Le socialisme c’est : je pense à gauche, mais je vis à droite, et je fais généralement tout pour vivre de plus en plus à droite en rappelant à quel point je pense à gauche.
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Il n’y a pas, comme les gens le croient, les cons d’un côté, et ceux ne l’étant pas de l’autre, mais ceux qui savent être cons, et ceux qui l’ignorent. Inutile de préciser que les premiers sont beaucoup, beaucoup moins nombreux que les seconds.
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Les gens du "show-biz", du monde du spectacle, tentent de faire croire qu’ils sont proches du peuple, et ce pour une raison simple, car évidemment ils ne sont pas proches de lui, mais ils doivent faire croire qu’ils le sont si ils veulent que celui-ci les regarde à la télévision, les écoute à la radio, et aille ensuite acheter leurs disques, leurs livres, aille voir leurs films, leurs spectacles, leurs concerts et leurs pièces de théâtre. Ils font croire au peuple qu’ils sont proches de lui car c’est bien celui-ci qui leur permet de mener leur existence de bourgeois. Et le peuple lui, cet imbécile, sort son porte-monnaie pour donner ce qu’il contient à ces gens-là, dont les plus abjects sont souvent les plus riches car les plus admirés.
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Ceux qui mangent bio – ce qui est très bien –, qui défendent l’écologie, l’authenticité, sont en même temps rendus totalement artificiels par leur bien-pensance. Comment peuvent-ils prétendre aimer le naturel en l’étant si peu ? Avec eux, on est face à la sophistication maniérée prônant la simplicité, au faux défendant le vrai. Ce sont des petits-bourgeois, ignorant qu’ils le sont, et se prenant pour les défenseurs d’un mode de vie authentique alors qu’ils méprisent toute manière de penser spontané et sans posture morale ou idéologique menant à l’authenticité. Comme si nous n’en avions pas déjà assez, voici une nouvelle race d’hypocrites. Et les humains bio alors, sans trucages, sans faux-semblants, en deux mots : sans pesticides, vraiment naturels, c’est pour quand ?
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Résumé de la gestion du budget du ministère de la santé par Roselyne Bachelot :
H1 : Touché.
N1 : Coulé.
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J’entends beaucoup de bouches parler, mais très peu de cerveaux.
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Je suis un détecteur d’hypocrites très performant. Je bipe en permanence.

Petites méchancetés pour se détendre : Comment vivre dans un monde dit évolué ?

    Il faut rire et se moquer d’un monde et surtout d’une époque comme la nôtre : sommet de médiocrité se posant en modèle de l’inverse. En d’autres termes, il faut être cynique avec la bêtise ; la vraie, pas celle trop facile à désigner.
    Par exemple, la vanité est considérée comme l’une des formes les plus sévère de la bêtise. Très bien ! mais cela aurait une réelle valeur si ceux montrant du doigt la vanité d’untel ou d’unetelle passaient d’abord par la constatation chez eux de ce penchant qu’on ne manque pas de trouver chez tout un chacun, il est vrai dans une plus ou moins grande proportion, et sous des aspects variés dont certains semblent même parfois exprimer l’inverse de ce défaut. Ne pas reconnaître cette réalité, c’est tendre à se servir de la critique de la vanité pour se cacher la sienne, ce qui est une autre forme de bêtise, bénéficiant d’une reconnaissance populaire évidemment beaucoup moins importante, l’orgueil veillant toujours à ce qu’on ne l’écorchât pas trop.
    Au bout du compte, afin de faire preuve d’un soupçon d’humilité, c’est pourtant toujours lui qu’il faut reconnaître : l’orgueil ; la capacité à le reconnaître étant une qualité dont le fait de savoir qu’on en fait preuve ne peut conduire qu’à flatter cet orgueil, pour une raison plus noble toutefois, c’est vrai. Finalement, l’humilité est beaucoup moins l’absence d’orgueil que la reconnaissance de celui-ci. Lorsqu’on est humble, c’est au fond par orgueil, et c’est faire preuve d’humilité de dire ça, ce qui flatte encore notre orgueil. On n’en sort pas. C’est pourquoi l’humilité est presque toujours, du moins trop souvent, un sport d’orgueilleux cherchant à convaincre qu’ils ne le sont pas. Il vaut donc mieux, plutôt que chercher à ne pas être orgueilleux, ne pas être trop vil en ne reconnaissant pas qu’on l’est... orgueilleux.
    Il faut simplement accepter les faits, constater, sans fioritures intellectualo-vertueuses ajoutées.
    Personnellement, sur certains points, je me sens on ne peut plus supérieur aux autres (ce qui n’est pas difficile) ; sur d’autres, beaucoup moins, mais sur certains effectivement, comme être capable de voir l’étendue de ce qui ne contribue pas à me flatter, oui ! ce qui est loin d’être donné à tout le monde, surtout aujourd’hui. Il faudrait être d’une malhonnêteté ou d'une naïveté exemplaire pour prétendre le contraire.
    L’orgueil. Inutile de discourir pour tenter de cacher sa présence ; inutile de chercher à lutter contre, car cette attitude, encore une fois, est l’une des activités préférées des orgueilleux vils. Il s’agit simplement d’établir un constat, et ensuite de gérer au mieux ce qu’on a constaté.
    Nous sommes coincés de toute manière. Il ne sert donc à rien de faire comme tous ceux cherchant à s’échapper de ce qu’ils sont, cela étant le meilleur moyen d’emprunter le chemin menant du statut d’orgueilleux à celui d’hypocrite prétentieux. Lutter avec trop d’acharnement contre ce que l’on considère être les mauvais côtés de la nature humaine est la meilleure façon de leur donner de l’engrais. Nous sommes déjà enguirlandés de défauts et de tares ; inutile de nous lancer dans une collection. Gérer au mieux ; il n’y a que ça à faire.
    Donc, il y a la bêtise facile à dénoncer, et la vraie, celle que peu de gens acceptent ou sont capables de voir, à base de duplicité et de médiocrité servie en exemple. Voilà la vraie et la plus insupportable des bêtises ! et il faut bien se rendre à l’évidence, dans ce domaine, nous pouvons comparer notre époque à une mine d’or inépuisable.
    L’imposture et l’hypocrisie qui nous regardent de haut sont les pires méchancetés qui soient, auxquelles la moquerie et le cynisme permettent de répondre encore plus méchamment.
    Notre époque est certainement l’une des plus idiotes, des plus moralistes, et des plus ineptes de toutes les époques, et d’autant plus qu’elle se voit au-dessus des autres.
    Celui qui souhaiterait faire profession de fustiger et de se moquer de la prétention, s’il pouvait choisir avant de naître à quel moment de l’histoire de l’humanité venir au monde, constaterait que dans le domaine de la bêtise l’homme ne se repose jamais, et que tous les milieux de la société sont touchés. Il trouverait bien des époques, des moments, des lieux, où cette bêtise semble atteindre les plus hauts sommets, le poussant à vouloir dire : « Là ! C’est là que je veux naître », mais choisirait d’attendre, de ne pas se décider trop vite, et il aurait raison, car en arrivant devant notre époque, il dirait d’une voix sûre :
« C’est là. C’est là que je veux naître !
- Vous êtes sûr ?
- Oui… Oui… Je ne trouverai pas mieux. »
    Il ferait le choix du pêcheur qui décide de jeter son hameçon dans le coin le plus poissonneux d’une rivière.
    Non ! Il n’y a pas à hésiter : sur le plan de la bêtise, notre époque est un puits sans fond. Et encore une fois, cela est d’autant plus vrai qu’elle se croit la moins bête, parce que la plus moderne, la plus en avance ; sous-entendu : la plus évoluée de toutes les époques. Rien que ça, pour un pamphlétaire, représente la promesse de ne jamais connaître l’angoisse de la page blanche.
    Le problème, c’est que si notre époque est la corne d’abondance des faux-semblants, de l’hypocrisie, et de la médiocrité contente d’elle-même, offrant ainsi à l’homme d’esprit ou à l’écrivain une quantité inépuisable de prétextes à employer son talent, en même temps – et cela en est la conséquence logique –, elle est bourrée d’interdits, tout en prétendant permettre plus de liberté qu’il n’y en a jamais eu – hypocrisie oblige.
    L’amour du prochain et ses dérivés laïques, "ne pas juger", "s’ouvrir aux autres", tout ça : pièges à mouches, attrape-taupes. Ces choses-là appartiennent également à la panoplie des impostures préférées des hypocrites. Elles sont destinées à court-circuiter le bon sens, à nous entraîner par le fond.
    Non ! on ne vit pas très bien dans un monde comme le nôtre, ce qui est un signe de bonne santé.